La nasse dite de Saubagnac

La nasse dite de « Saubagnac » barrait littéralement l’Adour

Elle était située entre les maisons « Loustaunau » et la « Grand Borde », près de celle de Loustaunau, vers l’île de Mirepech, elle est installée dans le courant du XIIIe siècle. En 1277 Édouard Ier, roi d’Angleterre, autorise Guillaume Arnaud de Saubagnac à exploiter cette nasse. Elle barre littéralement l’Adour et provoque les plus vives protestations. Jean Robert en donne la définition suivante : « véritables barrages de pieux en deux rangées de dents de scie disposées en travers du courant et qui capturaient un nombre considérable de poissons mais qui faisaient obstacle à la navigation et à l’écoulement des eaux … » (J. Garat p 23) (J. Robert p 133)

En 1295 les tilholiers Bayonnais s’y opposent (Pêcheurs du bassin de l’Adour). Le 11 février 1341 Édouard III écrit une lettre au sénéchal de Gascogne « Bayonne s’est plainte au roi de ce que Pierre de la Bret, bâtard, a usurpé une nasse dite de Saubanac de telle sorte que navires et bateaux ne peuvent y circuler si la nasse n’est détruite ; les hommes et marchands de Bayonne y sont pris, blessés, dépouillés de leurs biens, par les gens de Pierre de la Bret (Pierre d’Albret). »
(J. Garat p 22, 23, 433 et 446) et (J. Robert p 25).

Le 18 avril 1333 le roi Édouard III autorise Guitard d’Albret de prendre possession de cette installation. Son acquisition ne fut effective que le 22 décembre 1339 pour un montant de 700 réaux d’or (nasse, peyssere et pesqueyre) (J. Garat p 22 et 23).

Le 22 août 1408 Charles de Beaumont reçoit la concession du péage « qui devait être assez fructueux grâce à un trafic relativement important de draps, vins, pastel, froment et autres marchandises. […] Ces péages devaient servir à fortifier le château pour mieux faire face aux ennemis. » (J. Garat p 446).

Une enquête est ouverte autour de 1410 par le roi Henri IV d’Angleterre, suite aux protestations des gens de Bayonne, de Dax et de Saint Sever pour vérifier si ce péage est contraire aux franchises accordées dans d’autres lieux (J. Garat p 171 et 446)

Ironie de l’histoire, de nos jours le péage autoroutier (Bayonne / Toulouse), situé aux portes de Guiche, est à moins de 2 km à vol d’oiseau de l’ancien péage de la nasse de Saubagnac !

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Articles

Bibliographie

  • BAREIGTS André, Guiche, village du Labourd, document dactylographié, 1969
  • BAREIGTS André, Le père Jean-François Darrigo (1863-1919), 1987
  • BAREIGTS André, L’abbé H. Charbonneau, prêtre gascon 1882-1944, 1982
  • GARAT SAINT-MARTIN Jean, Guiche, publié avec le concours de la Mairie de Guiche, 1994
  • MARTIN J.F. Robert, Cartulaire de l’Abbaye de Saint Jean de Sorde, éd. Atlantica, 1999
  • RAYMOND Paul, Cartulaire de l’abbaye de Saint Jean de Sorde, 1893, repris par les éditions Atlantica, 1998
  • RIBETON Olivier, Un musée Gramont à Bayonne, Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne, 1986
  • RITTER Raymond, Bidache, principauté souveraine, éditions Audin (Lyon), 1958
  • RITTER Raymond, Corisande d’Andoins, éditions Albin Michel, 1959
  • RITTER Raymond, Guiche à la fin du XVe siècle, in Bulletin de la société de Borda, 1968
  • ROBERT Jean, Bidache, des travaux et des jours en Piémont Pyrénéen, éditions Jean-Pierre Gyss, 1984